Amable Tastu
Heureux qui, dans l’essor d’une verve facile,
Soumet à ses pensers un langage docile ;
Qui ne sent point sa voix expirer dans son sein,
Ni la lyre impuissante échapper à sa main,
Et cherchant cet accord, où l’âme se révèle,
Jamais n’a dû maudire une note rebelle !…
Hélas ! ce n’est pas moi !… D’un cri de liberté
Jamais comme mon cœur mon vers n’a palpité ;
Jamais le rhythme heureux, la cadence constante,
N’ont traduit ma pensée au gré de mon attente ;
Jamais les pleurs réels à mes yeux arrachés
N’ont pu mouiller ces chants de ma veine épanchés.