Marie Huot
Le Missel de Notre-Dame des Solitudes
Les minuits du clocher tombent sur mon front lourd.
Là-haut la girouette, avec sa voix de suie,
De la rose des vents accélérant le tour,
Appelle éperdûment son ombre au vent enfuie.
En bas, dans un égout soupirant sur la cour,
La gargouille vomit sa pauvre âme de truie
Et la tempête charge, en battant du tambour
Sur mon cœur triste, avec ses baguettes de pluie.
Cependant que cavale un noir troupeau de zèbres
Sous mon crâne, tintant de vains drelindindins,
Et que vrillent ma tempe, impitoyables nains,
Les démons qu'enfanta mon esprit de ténèbres,
Aux cris du désespoir se traînant sur les mains
Et vautrant sa douleur sur les dalles funèbres.