Au bord de la rivière,
Plongé dans mes pensées,
autant que dans mon carnet,
je ressassais encore et encore
les mêmes mots posés
sur les mêmes maux.
Huit mois que je tiens ce blog.
Il y a des jours comme ça
où la solitude devient un enclos,
un manège à l'intérieur duquel
l'humeur tourne en rond, au trot.
Comme je pensais à voix haute,
une pierre, pas si sourde
et encore moins muette,
me dit à voix basse :
« Des milliers d'années
que je me suis décrochée de la falaise
et pas un jour, pas une seconde
sans ressasser.
Tu as encore besoin
d'écrire sur la même chose ?
Écris sur la même chose.
Si, pour toi,
seul résonne dans l'éternité
l'amour rabâché,
alors rabâche.
Dis-toi
que dans le jour, à chaque fois neuf,
tu trouveras toujours une pierre millénaire
pour te tenir le bras
et écouter ce que tu as déjà dit
des milliers de fois. »