Anonyme

Ressasser

Au bord de la rivière, Plongé dans mes pensées, autant que dans mon carnet, je ressassais encore et encore les mêmes mots posés sur les mêmes maux. Huit mois que je tiens ce blog. Il y a des jours comme ça où la solitude devient un enclos, un manège à l'intérieur duquel l'humeur tourne en rond, au trot. Comme je pensais à voix haute, une pierre, pas si sourde et encore moins muette, me dit à voix basse : « Des milliers d'années que je me suis décrochée de la falaise et pas un jour, pas une seconde sans ressasser. Tu as encore besoin d'écrire sur la même chose ? Écris sur la même chose. Si, pour toi, seul résonne dans l'éternité l'amour rabâché, alors rabâche. Dis-toi que dans le jour, à chaque fois neuf, tu trouveras toujours une pierre millénaire pour te tenir le bras et écouter ce que tu as déjà dit des milliers de fois. »