Anonyme

CRÉPUSCULE

Quand l’heure fraîche affaiblit les couleurs, Que les roses se retirent du monde, Et qu’Apollon se reflète sur l’onde, Le poète s’allonge sans un pleur. Quand la lune suggère sa pâleur Dedans l’azur, en céleste Joconde, Qu’en son écho, le cygne vagabonde, Le poète se meut en fossoyeur. Voyez l’être qu’Artémis a séduit ; Qui bientôt, s’efface dans le couchant. Petit Hermès, le jais lampyre luit. Voyez l’Ether ! qui est déjà changeant. Voyez le jour ! qui s’estompe et s’enfuit, Abandonnant son empire à la nuit ; Achevant un crépuscule mourant.