Albert Mérat

La lisière du bois

La lisière du bois suit le petit chemin

D’ocre jaune, où tout pli rit d’une graminée.

La pente, pleine d’air, est comme illuminée

D’un lever d’ailes d’or, de soufre & de carmin.

 

Vrilles des liserons glissant leur verte main,

Éphémères d’un soir ou d’une matinée ;

Toute la flore exquise, humble, indéterminée

De l’herbe, amours d’hier, semences de demain.

 

Cependant l’aïeul doux aux plus faibles, le chêne,

Souffrant à ses genoux les mousses & la chaîne

Des églantiers, faiseurs de roses & de miel,

 

Regarde du côté des marguerites blanches,

Et, mendiant d’azur, il tend ses vieilles branches

Pour y prendre à pleins doigts un grand morceau de ciel.