Amable Tastu

La Liberté, ou le serment des trois Suisses

Orgueilleux Gouverneur, quelle terreur te presse ?

Pourquoi fermer sur toi la sombre forteresse ?

Ah ! de la liberté dénonçant les efforts,

Un traître l’aurait-il livrée à tes trésors ?

Non, mais à ton effroi tu sens qu’elle s’éveille ;

Tu lis partout son nom d’un œil épouvanté ;

Partout un Dieu vengeur répète à ton oreille :

Liberté ! liberté !

 

Elle eût dormi longtemps sans cette voix cruelle

Qui tourna vers un fils la flèche paternelle !

Mais les yeux des tyrans d’un bandeau sont couverts ;

En croyant les river, ils ont brisé vos fers,

Enfants de l’Helvétie ; achevez leur ouvrage :

Déjà, livrant Gessler à l’abîme irrité,

La vengeance de Tell crie au sein de l’orage :

Liberté ! liberté !