Virgile

Eglogue - II

Les Bucoliques

Ô cruel Alexis, tu dédaignes mes chants, tu n’es point touché de ma peine ; à la fin, tu me feras mourir. Voici l’heure où les troupeaux cherchent l’ombre et le frais ; où les vertes ronces cachent les lézards ; (2, 10) où Thestylis broie l’ail et le serpolet odorants, pour les moissonneurs accablés des feux dévorants de l’été. Et moi, attaché à la trace de tes pas, je n’entends plus autour de moi que les buissons qui retentissent, sous un soleil ardent, des sons rauques des cigales. Ne m’eût-il pas été moins dur de supporter les tristes colères et les superbes dédains d’Amaryllis ?