Alphonse de Lamartine

Souvenir

Méditations Poétiques

En vain le jour succède au jour,

Ils glissent sans laisser de trace ;

Dans mon âme rien ne t’efface,

Ô dernier songe de l’amour !

 

Je vois mes rapides années

S’accumuler derrière moi,

Comme le chêne autour de soi

Voit tomber ses feuilles fanées.

 

Mon front est blanchi par le temps ;

Mon sang refroidi coule à peine,

Semblable à cette onde qu’enchaîne

Le souffle glacé des autans.