Elizabeth Barrett Browning
Sonnets from the Portuguese
Va-t-en donc ! mais pourtant je sens qu'à l'avenir
Dans ton ombre toujours je resterai blottie.
Quoique seule à jamais sur le seuil de ma vie,
Je ne convierai plus mon âme à ni obéir —
Ni je ne pourrai plus vers le soleil tenir
Comme autrefois ma main débile et alanguie
Sans ressentir encor ce que je sacrifie :
Ta paume sui ma main. Que, pour nous désunir.
Le Destin entre nous dresse l'espace immense.
Ton cœur bat dans le mien d'une double cadence !
Tu te trouves en tout ce que je fais ou veux
— Tel du vin le raisin est la source première.
Dieu reconnait ton nom dans ma propre prière,
Et dans mes yeux il voit nos pleurs à tous les deux.