Iwan Gilkin

Hiver

Quel supplice oublié de nouveau me réclame ?

Quelle jeune chaleur fond les anciens glaçons ?

J’entends, j’entends au loin les antiques chansons

Et je te reconnais aussi, terrible flamme !

 

Les baisers d’autrefois m’ont empoisonné l’âme.

Des plaisirs défendus redoutables rançons,

Mes souvenirs amers sont gonflés de soupçons.

J’ai le cœur à jamais traversé d’une lame.

 

Comment croirais-je encore à l’amour simple et pur ?

Ma foi d’enfant est morte. Au fond d’un puits obscur

Les vieilles trahisons lâchement l’ont noyée.

 

Ô toi qui viens trop tard, ô douce fleur d’hiver,

Tu te dessécheras sur la cendre broyée

Où ce qui fut l’amour me ronge comme un ver !