Eudore Évanturel
Premières poésies
La main brunie à l’espagnole,
Semant des bouquets à foison,
L’Été danse la Farandole,
Le pied perdu dans le gazon.
Le trèfle croît sur la muraille,
Le grillon chante dans le thym ;
Et Juillet, en chapeau de paille,
Arrose les fleurs du jardin.
Il fait plus chaud que dans la forge
Où, pour les forçats de l’enfer,
Satan sur son enclume forge
La chaîne et le boulet de fer.
Le blé promet. La fraise est mûre.
Quand vient le soir, tant l’air est bon,
La Lune, en quête d’aventure,
Se promène sur son balcon.