Elizabeth Barrett Browning

Pardon, oh! pardon si de ton incomparable

Sonnets from the Portuguese

Pardon, oh! pardon si de ton incomparable

Divinité mon âme, hélas! n'a su tirer

Qu’une image formée avec un peu de sable

Et dès lors destinée à bientôt s’effondrer.

 

La faute en est aux peurs et au doute coupable

Du temps où je n avais encor pu pénétrer

Ta souveraineté qui, refluant semblables

Et troublant mes esprits, me firent altérer

 

Ta véritable forme en mettant à la place

De ta grâce accomplie une indigne grimace.

C’est ainsi qu’un Païen, le naufrage évité,

 

Pour honorer son Dieu des mers met, comme exemple

De sa reconnaissance, un marsouin mal sculpté.

Soufflant, tordant la queue, en l'enceinte du temple.