Anonyme

Si

Je ne connais aucun poisson qui, depuis la rive, agonisant sur la berge ne regrette rien. Il n'accuse ni l'hameçon, ni la main maladroite, Ni le courant trop vif qui l'a jeté à sec, Ses yeux ronds et vitreux fixent le ciel, Sans chercher coupable à ce dernier sursaut. Moi qui suis mort cent fois avant l'heure dernière, Chargé de mes remords, de mes « si » et suivi de mon  ombre, Je regarde le poisson s'éteindre, dans l'instant qui le tue. Pur, N'ayant jamais aimé que l'eau qui le quitte.