Je ne connais aucun poisson qui, depuis la rive,
agonisant sur la berge ne regrette rien.
Il n'accuse ni l'hameçon, ni la main maladroite,
Ni le courant trop vif qui l'a jeté à sec,
Ses yeux ronds et vitreux fixent le ciel,
Sans chercher coupable à ce dernier sursaut.
Moi qui suis mort cent fois avant l'heure dernière,
Chargé de mes remords, de mes « si » et suivi de mon ombre,
Je regarde le poisson s'éteindre, dans l'instant qui le tue.
Pur,
N'ayant jamais aimé que l'eau qui le quitte.