Auguste Lacaussade

Dieu et la liberté

Tu ne peux le comprendre et ta bouche blasphème :

Porte moins haut l’audace et connais-toi toi-même !

Le Mal est fils de l’homme et de sa volonté.

Cet arbre aux fruits mortels s’ouvrit sur la nature

Du jour où l’Éternel fit à sa créature

Le présent de la liberté.

 

L’homme, hélas ! en a mal usé : voilà son crime !

Du superbe et du fort, du faible qu’on opprime,

Un jour Dieu jugera l’orgueil et les douleurs.

Humble, à tes malheurs même il faut donc te soumettre,

Toi qui dois rendre compte à ton souverain maître

Du trésor amer de tes pleurs.