Grégoire Le Roy

Rouet de vie

Mon âme tourne sans amour

Le rouet de l’an solitaire ;

La nuit efface chaque jour

Sans que je regarde la terre.

 

Mes yeux sont à jamais posés

Sur les mensonges dont j’abreuve

Ma soif des idéals baisers,

Et de mon cœur ma vie est veuve.

 

Ma vie est veuve d’ici-bas ;

Elle est veuve, et triste, sans doute ?

Je ne sais, n’ayant même pas

Remarqué son deuil sur ma route.

 

Je la devine sans la voir ;

Ce doit être une fille sombre,

Aimant l’automne, aimant le soir,

N’errant qu’aux étoiles dans l’ombre.