Amable Tastu

La Liberté, ou le serment des trois Suisses

Liberté, c’est ton jour ; ce sol est ton empire :

Là, nulle ambition sous tes traits ne conspire ;

D’un peuple pauvre et fier toi seule armes les mains.

Sur ces pics sourcilleux, vierges de pas humains,

L’aigle au vol indompté semble te rendre hommage,

Le bleu miroir des lacs réfléchir ta beauté,

Et le bruit des torrents, dire à l’écho sauvage :

Liberté ! liberté !

 

Héritier de ces biens, toi qui les abandonnes,

Et soutiens à prix d’or les lointaines couronnes,

D’où vient qu’aux premiers sons d’un air mélodieux,

J’ai vu des pleurs furtifs s’échapper de tes yeux ?

Sans doute, en l’écoutant, tu rêvais ta patrie,

Et des vallons natals l’agreste majesté ;

Sans doute il murmurait à ton âme attendrie :

Liberté ! liberté !