Paul Claudel
Connaissance de l'Est
Fabuleuse, certes, est mon habitation ! Je vois dans ces murs, dont les faîtes ajourés semblent se dissiper, des bancs de nuages, et ces fantasques fenêtres sont des feuillages confusément aperçus par des échappées ; le vent, laissant de chaque côté des languettes dont le bout se recourbe, tailla dans la brume ces brèches irrégulières. Que je ne cueille point la fleur de l’après-midi à un autre jardin qu’où m’introduit une porte qui a la forme d’un vase, ou d’une feuille, ou d’une gueule par la fumée, ou du soleil qui se couche alors que son disque atteint la ligne de l’eau, et de la lune qui se lève.