François Fertiault

Mon étoile d’or - Cri de deuil

Mon cœur, cependant, doit franchir l’épreuve,

Dût-il se noyer d’un immense pleur ;

D’un suc trop amer ma lèvre s’abreuve…

Garde ton poison, terrible douleur !

Chasse, ô mon esprit, ta sombre chimère ;

Ferme ta blessure (elle saigne encor !) :

De l’enfant parti n’ai-je pas la mère ?…

J’avais dans mon ciel deux étoiles d’or !

 

 

Et pour cet autre ange il faut que je vive ;

Je dois soutenir ses pas chancelants ;

Je dois dans son sein répandre l’eau vive

Des tendres conseils, des mots consolants.

Pauvre mère ! hélas ! pleurant son beau rêve,

Et s’agenouillant sous le bras du sort !

Oh ! viens sur mon cœur ! l’amour te relève…

Il reste en mon ciel une étoile d’or !