Maurice Rollinat

Certes, je plains l’aveugle, et sa prunelle opaque

Certes, je plains l’aveugle, et sa prunelle opaque

me navre ; et la peinture atroce de sa plaque,

dont le rouge me fait songer à l’abattoir,

m’a cloué bien souvent, morne, sur le trottoir.

Mais l’aspect de son chien a de douloureux charmes

pour mon cœur, et je suis remué jusqu’aux larmes

quand je lui vois aux dents, l’été comme l’hiver,

l’anse d’un petit seau de fer-blanc peint en vert….

Il implore les gens de ses bons yeux honnêtes :

O bête ! sois bénie entre toutes les bêtes !…