Adolphe Hardy

Glaneuses

Matin d’août. L’angélus tinte. Les hirondelles

Fouettent le vitrail bleu de l’église, à coup d’ailes.

Nielles et bluets, dans les blés, ouvrent l’œil.

L’eau glougloute. La brise éveille le bouvreuil.

À ces accords vibrant au pas de leurs chaumières,

Les glaneuses s’en vont, dans l’or clair des lumières,

Vers les champs, deux à deux, sans corset et pieds nus,

Songeant aux bruns faucheurs, depuis l’été connus,

Qui leur diront, tantôt, des choses très espiègles

Et les embrasseront, peut-être, dans les seigles...