Charles Ier d'Orléans

Je cuide que ce sont nouvelles

Je cuide que ce sont nouvelles,

J’oy nouveau bruit, et qu’est ce là ?

Helas ? pourroy je savoir d’elles

Quelque chose qui me plaira.

Car j’ay désiré, long temps a,

Qu’Espoir m’estraynast de liesse,

Je ne sçay pas qu’il en fera.

Le beau menteur plain de promesse.

S’ilz ne sont ou bonnes ou belles,

Au fort, mon cueur endurera,

En attendant d’avoir ce celles

Que Bon Eur lui apportera,

Et de l’endormye beuvra

De Nonchaloir ; en sa détresse,

Espoir plus ne l’esveillera,

Le beau menteur plain de promesse.

Pource mon cueur, se tu me celles,

Reconfort, quant vers toy vendra,

Tu feras mal, car tes querelles

J’ay gardées, or y perra ;

Adviengne qu’avenir pourra !

Je suis gouverné par Vieillesse,

Qui de legier n’escoutera

Le beau menteur plain de promesse.