Arthur Rimbaud

Mémoire

Poésies

Regret des bras épais et jeunes d’herbe pure !

Or des lunes d’avril au cœur du saint lit ! Joie

Des chantiers riverains à l’abandon, en proie

Aux soirs d’août qui faisaient germer ces pourritures !

 

Qu’elle pleure à présent sous les remparts : l’haleine

Des peupliers d’en haut est pour la seule brise.

Puis, c’est la nappe, sans reflets, sans source, grise ―

Un vieux dragueur, dans sa barque immobile, peine.