Pierre Louÿs

A une nymphe de Diane

Ô Vierge aux lèvres de victoire,

Quand l’oiseau prendra son essor,

Sans l’arrêter, aigle ou butor,

Laisse au clou la salpinx d’ivoire.

 

Tu peux m’aimer, tu peux me croire.

Viens. Je te dirai quel trésor

Les lits de cèdre et de portor

Donnent au corps dans la nuit noire.

 

Et tu sauras d’autres combats

Que les sangliers mis à bas

Ou l’assaut des trous à panthères.

 

Et je verrai dans tes yeux d’or

S’évanouir encore, encor,

Les réserves et les mystères.