Dante Alighieri
La Vita Nuova
Hélas, par la force des soupirs
Qui naissent des pensées contenues dans mon cœur,
Mes yeux sont vaincus et ne sont plus capables
De regarder ceux qui les regardent.
Et ils sont devenus tels qu’ils semblent n’avoir plus que deux désirs :
Celui de pleurer, et celui de montrer leur douleur,
Et souvent ils pleurent tellement que l’Amour
Les cerne des stigmates du martyre.
Ces pensées, et les soupirs que je pousse
Me remplissent le cœur de telles angoisses
Que l’Amour s’évanouit en gémissant.
Et ils gardent douloureusement inscrit le nom de ma Dame
Et tout ce que j’ai pu dire de sa mort.