Paul Claudel
Connaissance de l'Est
Et c’est ce que je comprends alors que je me vautre parmi les liasses d’estampes japonaises, et à Shidzuoka parmi les ex-votos du temple, je vis maints exemples admirables de cet art. Un guerrier noir jaillit de la planche vermoulue comme une interjection frénétique. Ceci qui se cabre ou rue n’est plus l’image d’un cheval, mais le chiffre dans la pensée de son bond ; une sorte de 6 retourné accru d’une crinière et d’une queue représente son repos dans l’herbage. Des étreintes, des batailles, des paysages, des multitudes, enserrés dans un petit espace, ressemblent à des sceaux. Cet homme éclate de rire, et, tombant, l’on ne sait s’il est homme encore, ou, écriture déjà, son propre caractère.