Clément Marot

A madame de Ferrare

Me souvenant de tes bontez divines

Suis en douleur, princesse, à ton absence ;

Et si languy quant suis en ta presence,

Voyant ce lys au milieu des espines.

 

Ô la doulceur des doulceurs femenines,

Ô cueur sans fiel, ô race d'excellence,

Ô traictement remply de violance,

Qui s'endurçist pres des choses benignes.

 

Si seras tu de la main soustenue

De l'eternel, comme sa cher tenue ;

Et tes nuysans auront honte et reproche.

 

Courage, dame, en l'air je voy la nue

Qui ça et là s'escarte et diminue,

Pour faire place au beau temps qui s'approche.