Alfred De Musset

La nuit d'Août - III

Premières Poésies ( 1829 - 1835)

la muse.

 

Quelque fière beauté te retient dans sa chaîne,

Et tu laisses mourir cette pauvre verveine

Dont les derniers rameaux, en des temps plus heureux,

Devaient être arrosés des larmes de tes yeux.

Cette triste verdure est mon vivant symbole,

Ami, de ton oubli nous mourrons toutes deux,

Et son parfum léger, comme l’oiseau qui vole,

Avec mon souvenir s’enfuira dans les cieux.