Alfred Abousleiman
Cendres chaudes
Les flots meurent contre ton rêve.
Et c'est le soir. Et tu es las.
Et ton âme dolente, hélas,
S'épanche en vain sur cette grève.
Le monde est grand. La vie est brève.
Et l'on voudrait ce qu'on a pas.
Et les flots qu'on suit de là-bas
Meurent tour à tour et sans trêve.
Mais si, refoulant tes sanglots,
Tu écoutais le chant des flots ,
Il monte, parfum de mystère,
Et dit qu'il est si doux, si doux
D'aimer toujours, d'aimer beaucoup,
Le long d'un rêve solitaire.