Sully Prudhomme

Lecture à deux

Lorsque tu lis les vers, je ne les saisis pas :

C’est toi le vrai poème et le seul qui me touche.

Ensemble adorons-les, mais lisons-les tout bas ;

Les vers quand tu les dis ne valent pas ta bouche.

 

Ta grâce en les servant les trahit à la fois :

Tes lèvres font rêver au satin des corolles,

Et dans leur souffle cher la beauté de la voix

Fait oublier au cœur la beauté des paroles.