Elizabeth Barrett Browning
Sonnets from the Portuguese
Donne-moi donc ce nom et je te répondrai
Avec le même cœur qu'aux autres, je te jure.
Serment bien vain, hélas ! Pour être demeuré
Tel que jadis, ce cœur reçut trop de blessures.
Oui, dès que de ce nom j'entendais le murmure,
Je quittais et mes fleurs et mes jeux adorés ;
J'accourais en gardant encor sur ma figure
Le sourire qu'au jeu tantôt j'avais montré.
Quand je réponds, je quitte aujourd'hui, d'habitude,
Les plus graves pensers ; — je romps ma solitude : —
Pourtant mon cœur toujours s'élance en bondissant
Vers toi qui réunis tous mes biens dans ton être.
Sur lui pose ta main et tu pourras connaître
Qu'un pied d'enfant ne peut courir comme ce sang.