Anna de Noailles
Ô poète, brûlé par l’azur et les braises
Des climats chaleureux et des vœux pantelants,
Vous dont le rythme songe, onctueux, net et lent,
Comme les calmes pas de la Malabaraise,
Esprit le plus tenté, esprit le plus blessé
Parmi ceux que l’énigme et que le sort offensent,
Nous groupons près de vous, immense descendance,
Les cœurs voluptueux, déçus ou délaissés !
Qui craindrait de dormir dans la nuit sans aurore,
Puisque, pour voisinage et secret compagnon,
Il aurait votre front où brillaient les rayons
Que composait l’abeille embrasée et sonore !