Adolphe Hardy
Au bord de l’île en fleur où, parmi les roseaux,
L’ombre des saules las s’allonge sur les eaux,
Descend boire un bouvreuil aux ailes sémillantes.
Le soir tombe et, parmi ses splendeurs défaillantes,
Où la première étoile a montré son cœur d’or,
Le doux bohême ailé met quelque vie encor...
Hélas ! tandis qu’au bout du brin d’osier qui bouge,
Sa gorge fait saigner dans l’onde un reflet rouge,
Tout près, dans le tronc creux d’un saule, on aperçoit
Un œil phosphorescent guettant l’oiseau qui boit.