Elizabeth Barrett Browning
Sonnets from the Portuguese
Différents sommes-nous, Cœur princier, différents !
Nous n avons des destins ni des buts parallèles,
Et nos anges gardiens, quand se frôlent leurs ailes
En se croisant l'un l'autre, ouvrent des yeux tout grands.
Des reines, songes-y, t'attendent dans leurs rangs.
Va prendre part en maître aux fêtes où t'appellent
Cent yeux pleins d'un éclat que mes pauvres prunelles
N'ont pas pu conquérir, même en beaucoup pleurant.
Pourquoi daignerais-tu de ces hautes verrières
Sur la chanteuse errante abaisser tes paupières ?
Laisse-la rechercher, en le soir ténébreux,
Un cyprès où poser sa lassitude extrême.
Mon front a la rosée - et le tien le saint-chrême,
Seule la Mort pourra les rendre égaux tous deux.