Auguste Brizeux

Hymne

Marie

Aimons la liberté ! c’est le souffle de Dieu,

C’est l’esprit fécondant qui pénètre en tout lieu,

C’est l’éclair dans la nuit ; sur l’autel c’est la flamme,

Le Verbe inspirateur qui rend la vie à l’âme.

Quand la terre languit dans son aridité,

Comme une large pluie alors la Liberté

S’épanche, et tous les cœurs à ses fraîches paroles,

Tels que des fleurs du ciel, entr’ouvrent leurs corolles,

Et le monde a repris sa première splendeur,

Et la nature exhale une suave odeur !

 

— Liberté, dans nos murs toujours la bienvenue,

Comme d’anciens amants nous t’avons reconnue,

Et nous baisions ta robe, et tous avec gaîté

Nous suivions au combat ta sœur l’Égalité.

Oh ! partout, sur nos ponts, nos marchés, nos fontaines,

Nous inscrirons le nom de la fille d’Athènes !

Athènes ! oui, c’est là, parmi des champs de miel,

Qu’elle arrêta son vol en descendant du ciel !

Ces Grecs l’aiment encor. Pourtant dans notre enceinte

Elle porte sa tente et sa bannière sainte,

Et quand les nations l’appellent à la fois,

Des clochers de Paris elle entendra leurs voix :

Ici sa métropole, ici ses jours de fête,

Ici des hommes francs osant lever la tête,

Des pas libres, des mains qui peuvent se serrer,

Et l’air vital et fort qu’elle aime à respirer !

Les arts viendront. Toujours leur gracieux cortège

L’accompagne en chantant ; de leurs beaux pieds de neige

Les Muses autrefois foulaient le Parthénon,

Et sur les lyres d’or elles disaient son nom ;

Les sages l’adoptaient, appelant libérales

Toutes créations divines, idéales ;

Car la Liberté porte un cœur religieux,

Et dans son temple immense elle admet tous les dieux.