Alphonse de Lamartine
Méditations Poétiques
« Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
« Coulez, coulez pour eux ;
« Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent,
« Oubliez les heureux.
« Mais je demande en vain quelques moments encore,
« Le temps m’échappe et fuit ;
« Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
« Va dissiper la nuit.
« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
« Hâtons-nous, jouissons !
« L’homme n’a point de port, le temps n’a point de
rive ;
« Il coule, et nous passons ! »