Albert Mérat

Le Réveil

Le soleil s’est levé du milieu des collines

Comme le premier-né divin des nuits d’été,

Déchirant, dans un vol de flammes emporté,

Du matin frissonnant les frêles mousselines.

 

Les champs, l’eau, les forêts graves & sibyllines,

La terre jusqu’au ciel tressaille de clarté.

Le chœur universel des bêtes a chanté,

Voix dans l’air, voix des bois, sauvages & câlines.

 

L’homme seul, raisonneur pensif dès le réveil,

Regarde cette joie, en son retour vermeil,

Éternellement rose, aimable & coutumière ;

 

Et comme elle n’a pas été faite pour lui,

Sans folles actions de grâces, sans ennui,

D’un œil indifférent accepte la lumière.