Iwan Gilkin

Ganymède

Comme le bel enfant marchait nu, rose et leste

Dans les champs violets et verts d’iris en fleurs,

Un aigle impétueux de la voûte céleste

Fond jusqu’à ses yeux bleus, qui se mouillent de pleurs.

 

Cher jeune homme, dit-il, tes chairs éblouissantes

Ont enflammé d’amour les Désirs dévorants.

Viens ! je t’enlèverai dans mes serres puissantes !

Viens ! je t’emporterai dans les cieux fulgurants !

 

Ne crains pas, doux ami, l’orage de mes ailes

Qu’habitent l’ouragan, la nuée et l’éclair ;

Je t’élève au plus haut des sphères éternelles,

Où les dieux souriants rayonnent dans l’éther.

 

Au séjour lumineux des formes idéales

Assieds-toi, dieu nouveau, dans ta gloire exalté,

Et répands à jamais sur les âmes royales

Mon grand rêve éperdu d’amour et de beauté !