Lucie Delarue-Mardrus

Vitres - III - D'automne

Horizons

Regardant s’effeuiller la suite des jardins

Contre la vitre trouble où je rêve et chantonne,

J’ai vu paraître et fuir le passage soudain

De quelques œgipans échappés de l’automne.

 

L’un d’entre eux s’attarda, seul dans l’ombre et dans l’or,

Et longtemps, de profil, émurent les allées

Son œil en feu de bête et sa corne enroulée…

Voulait-il que mes pas le suivissent dehors ?

 

Bientôt, le dernier cri du soleil dut se taire.

— Or, quand le jour mourut dévoré par la nuit,

Je compris tristement qu’au choc de quelque bruit

L’œgipan repartait sans moi vers les mystères.