Maurice Rollinat

Nocturne

L’aboîment des chiens dans la nuit

Fait songer les âmes qui pleurent,

Qui frissonnent et qui se meurent,

À bout de souffrance et d’ennui.

 

Ils ne comprennent pas ce bruit,

Ceux-là que les chagrins effleurent !

L’aboîment des chiens dans la nuit

Fait songer les âmes qui pleurent.

 

Mais, hélas ! quand l’espoir s’enfuit,

Et que, seuls, les regrets demeurent,

Quand tous les sentiments nous leurrent,

Alors on écoute et l’on suit

L’aboîment des chiens dans la nuit.