Maurice Maeterlinck

Amen

Serres chaudes

Il est l’heure enfin de bénir

Le sommeil éteint des esclaves,

Et j’attends ses mains à venir

En roses blanches dans les caves.

 

J’attends enfin son souffle frais,

Sur mon cœur enfin clos aux fraudes ;

Agneau-pascal dans les marais,

Et blessure au fond des eaux chaudes.

 

J’attends des nuits sans lendemains,

Et des faiblesses sans remède ;

J’attends son ombre sur mes mains,

Et son image dans l’eau tiède.

 

J’attends vos nuits afin de voir

Mes désirs se laver la face,

Et mes songes aux bains du soir,

Mourir en un palais de glace.