Auguste Brizeux

Le Bal

Marie

N’y va pas ! Reste sur ton livre,

Dans ta chambre d’étudiant !

Courbé sous la lampe de cuivre,

Occupe ta pensée et ton cœur en veillant.

 

Je le sais trop, le plus stoïque

N’est bien sûr de lui qu’à l’écart ;

Et l’âpreté jeune et pudique

N’est pas lente à céder au charme d’un regard.

 

Il est une fleur douce et blanche

Qui croît à l’arbre du devoir ;

Cueille cette fleur sur sa branche.

Pour être fort demain respire-la ce soir.

 

Non ! Ta pensée ailleurs s’enivre :

Un ruban sur de noirs cheveux

Dans un bal attire tes yeux,

Ô jeune homme inquiet ! — et tu fermes ton livre !