Anonyme

La vieille maison

J'aimais cette Décrépitude sincère Sans fard Et d'ailleurs Rien n'aurait pu masquer Le craquement des escaliers Les petits trous du plancher L'odeur de la pierre La dépression des rideaux Qui n'opposaient plus à la lumière Que des fibres esseulées, clairsemées. Au moins, la maison ne se donnait pas d'air Faux béton et papier peint criard, Du noir, d'architecte d'intérieur Et d'ailleurs Qu'aurait-on fait alors ? Des livres endormis depuis des décennies, Des araignées devenues presque des amies, De la chemin et des traces de suie Des souvenirs encore assoupis Qui sitôt éveillés se seraient enfuis. Alors j'ai refermé la porte, Ait laissé la maison sommeiller Au moins jusqu'au prochain été.