François Fertiault

Plaines brûlantes

Tout s’enflamme aux ardeurs que l’air en feu promène.

 

— « Pour ton front ruisselant ne veux-tu pas d’abri ?

« Le bois n’a-t-il plus d’ombre et le val plus d’haleine ?

« Tes traits vont, mon ami, se brûler dans la plaine ;…

« La brise des bons jours ne t’a donc pas souri ? »

 

Tout s’enflamme aux ardeurs que l’air en feu promène.

 

— « Pour mon front, pour mes traits je ne veux pas d’abri.

« Que fait l’ombre au visage ?… Ô toi, jadis ma reine,

« C’est mon cœur qu’il faudrait abriter… de ta haine ;

« Car ce n’est pas d’amour que ta lèvre a souri ! »

 

Tout s’enflamme aux ardeurs que l’air en feu promène.

 

— « Ah ! c’est ton cœur qui veut dans mon cœur un abri ?..

« Je trouve, mon seigneur, la demande un peu vaine.

— « Tu ris, et fais bouillir mon sang dans chaque veine !…

— « Tu sauras cette fois de quoi j’aurai souri. »

 

Tout s’enflamme aux ardeurs que l’air en feu promène.

 

— « Oh ! peux-tu plus longtemps me refuser l’abri

« Qui doit me reposer de mon immense peine !… »

Mais l’aile s’est rouverte, et la fausse inhumaine

Rend amour pour amour après avoir souri.

 

Tout s’enflamme aux ardeurs que l’air en feu promène.