Louise Michel

Chant de mort à mes frères

Sur le cadran brisé rapides vont les jours

Passez toujours

Emportez tout les haines les amours

 

Passez passez heures journées

Que l’herbe pousse sur les morts

Tombez choses à peine nées

Vaisseaux, éloignez-vous des ports

Passez, passez ô nuits profondes

Émiettez-vous ô vieux monts

Proscrits ou morts nous reviendrons

Des cachots des tombes des ondes.

 

Nous reviendrons foule sans nombre

Nous reviendrons par tous les chemins

Spectres vengeurs sortant de l’ombre

Nous viendrons, nous serrant les mains

 

Les uns vêtus des blancs suaires

Les autres encore sanglants

Les trous des balles dans leur flanc

Pâles sous les rouges bannières