Maurice Rollinat

Le Pivert

Dans les brandes, poèmes et rondels

Dans la grande chênaie, à l’ombre du coteau,

Je m’en vais en fumant, seul, à pas de tortue,

Par la petite route âpre et si peu battue,

Quand un pivert criard arrive d’un plateau.

 

— Son long bec, lui servant de vrille et de couteau.

Déloge les fourmis d’une branche tortue.

Dans la grande chênaie, à l’ombre du coteau,

Je m’en vais en fumant, seul, à pas de tortue.

 

Et gai, puisque mon crâne échappe à son étau,

J’admire sur un tronc, que la vieillesse tue,

Le joli perforeur dont la tête pointue

Se relève et s’abat comme un petit marteau,

Dans la grande chênaie, à l’ombre du coteau.