Marie Huot
Le Missel de Notre-Dame des Solitudes
Il est de vastes cieux et des pays solaires,
Où j'ai régné jadis à l'ombre des palmiers,
Dansant au rythme prompt des castagnettes claires,
Le ventre et les seins nus sous de triples colliers.
Là, j'ai bu des Léthés aux bras des vexillaires,
Mangé les perles dans le creux des boucliers,
Que tendaient devant moi de hautains caudataires
Et des impérators, amants agenouillés.
Et mes flancs qu'effleuraient, sournois, leurs gestes gauches
S'offraient, bruns et polis, aux divines débauches,
Sous le brûlant désir de leur regard étroit...
Après, je demandais à ma panthère noire
De plus rouges baisers, des jeux moins dérisoires,
Ayant toujours plus faim!... ayant toujours plus froid!...