Auguste Barbier

Divine Juliette au cercueil étendue

Divine Juliette au cercueil étendue,

Toi qui n’es qu’endormie et que l’on croit perdue.

Italie, ô beauté ! si malgré ta pâleur,

Tes membres ont encor gardé de la chaleur ;

Si du sang généreux coule encor dans ta veine ;

Si le monstre qui semble avoir bu ton haleine,

La mort, planant sur toi comme un heureux amant,

Pour toujours ne t’a pas clouée au monument ;

Si tu n’es pas enfin son entière conquête,

Alors, quelque beau jour, tu lèveras la tête ;

Et privés bien long-temps du soleil, tes grands yeux

S’ouvriront pour revoir le pur éclat des cieux,

Et ton corps ranimé par la chaude lumière,

Se dressera tout droit sur la funèbre pierre.