Lucie Delarue-Mardrus

Errement

La Figure de proue

Ayant à la tempe une fleur d’asphodèle

Et l’antiquité au fond de mon esprit,

Je rôde le long de la mer immortelle

Dont, nue au soleil, la déesse naquit.

 

Je plonge mes mains dans la vague latine

Toute creuse encor d’avoir conçu des dieux,

Et regarde au loin les eaux boire les cieux

Afin d’en nourrir leur couleur intestine.

 

Je vais seule ainsi, tremblante sur le bord,

Redoutant, au cœur d’algues ébouriffées,

De rencontrer, un soir d’orage, le trésor

De la tête charmante et terrible d’Orphée…