Iwan Gilkin

Le beau lac

Ton cœur rafraîchissant est un lac de cristal,

Claire immobilité, liquide transparence,

Où les poissons pourprés, écaillés de métal,

Sont pareils à des fleurs de pourpre et de garance.

 

Un bois imprégnant l’air d’un parfum végétal

Développe sa riche et sombre exubérance

Sur ces bords et distille un calme oriental,

Plein de musique, plein d’extase et d’espérance.

 

Par les soleils cuisants, fluides profondeurs,

Votre sein ouvre ses bienfaisantes fraîcheurs

Au poète exilé des mornes Babylones.

 

Mais malheur à qui vient se baigner dans vos eaux

Où rampent sourdement, comme deux hydres jaunes,

La Débauche et la Mort, qui mangeront ses os.