Homère

Chant II - Quand le feu destructeur à la cime

L'iliade

Quand le feu destructeur à la cime d'un mont embrase une immense forêt, sa clarté brille au loin. De même, quand ils marchent, l'éclat resplendissant du bronze innombrable, traversant l'éther, monte jusqu'aux cieux.

Comme on voit, par troupes nombreuses, des oiseaux ailés, oies ou grues ou cygnes au long cou, dans la prairie asiate, sur les deux rives du Caÿstre, voler en tout sens, battant fièrement des ailes, et, les uns devant les autres, se poser avec des cris, dont toute la prairie bruit; ainsi, des nefs et des baraques, des troupes sans nombre se répandent dans la plaine du Scamandre; le sol terriblement résonne sous les pas et des guerriers et des chevaux. Elles font halte dans la prairie fleurie qu'on arrose le Scamandre, innombrables comme feuilles et fleurs au printemps.

Aussi nombreux que les mouches en troupes compactes, voletant à travers une étable à brebis, dans les jours du printemps, quand le lait remplit les vases, les Achéens chevelus s'installent, face aux Troyens, dans la plaine, avides de les détruire.